Baobab.ch, une nouvelle plate-forme pour les patrons (Le Temps)

Article Le Temps du 05.02.2010

Visite sur http://www.baobab.ch

A travers ce nouvel outil, Alexandre Emch, fondateur de l’agence Performances à Lausanne, invite ses pairs à allier business et conscience

Comment tirez profit du marketing 2.0 en améliorant votre relation client? Comment développer des marchés étrangers avec une solution e-commerce adaptée? Comment les subtilités du référencement influencent la visibilité de votre PME sur la toile? Depuis plus de dix ans, la société lausannoise Performances distille ses conseils et ses compétences dans cet univers technologique avec un objectif: créer de la valeur pour l’entreprise.

Aujourd’hui, Alexandre Emch, fondateur de la société, veut proposer une nouvelle approche de réflexions aux dirigeants en cette période de rapides et d’importantes évolutions. «Avec mon complice et associé Pierre-Claude Jaquier, nous mettons sur pied une thématique originale de rencontres et d’ateliers qui allie business (l’entreprise du XXIe siècle en mutation) et conscience (l’homme en devenir).»

Cette communauté privée, qui verra le jour ces prochaines semaines, permet à ses membres de partager un même objectif: s’accomplir personnellement et professionnellement. Des rencontres, des ateliers, des études, une plate-forme d’échanges seront proposés aux adhérents payants (1500 francs par année), les autres auront accès uniquement aux fonctions de base de Baobab.ch*, comme le réseautage.

«C’est un espace privé dans le sens où une demande d’adhésion est nécessaire, poursuit l’initiateur de ce projet. Nous aimerions trouver un bon équilibre entre tous les membres, sans nous montrer exclusifs.» Le partage des connaissances sera également au cœur des rencontres et des ateliers. Ce fil rouge, l’entreprise en mutation et l’homme en devenir, une image d’Epinal à l’heure où la gestion d’entreprise exige une rigueur de tous les instants et une attention focalisée sur les chiffres?

«Je reste prudent et je n’ai pas le temps»

Pour Patrick Lurati, patron de la société lausannoise éponyme de placement temporaire, et Jérôme Hofer, patron du spécialiste des cuisines professionnelles Ginox à Montreux, c’est clair: à l’image d’autres patrons romands, ils n’ont pas investi les réseaux sociaux et ne veulent pas le faire. Ni celui-là ni les Facebook, Twitter et compagnie. «Même si je pense que les retombées pour une entreprise ne sont pas inintéressantes, glisse le second. Mais je reste prudent et je n’ai pas le temps.»

Le temps, voilà le nerf de la guerre de beaucoup de petits patrons. «Et tous les réseaux sont chronophages», rappelle Stéphane Koch, formateur et spécialiste de ces questions avec sa ­société Intelligentzia. «Donc multiplier les réseaux ne les tue pas forcément, mais cela force à faire des choix. En revanche, pour attirer dans une nouvelle communauté, il faut être plus qu’original et amener une vraie valeur ajoutée.»

Les initiateurs de Baobab précisent justement qu’il ne s’agit pas d’un réseau social au sens conventionnel. Il mise sur des thèmes de réflexion novateurs et sur les contacts de proximité. «Nous ne voulons absolument pas faire un copié-collé de Rezonance, prévient d’emblée Alexandre Emch. Nous pensons que nos aspirations humaines alimentent aussi la réflexion globale de l’entrepreneur.» On n’ira pas chez Baobab pour trouver un client ou un partenaire, a priori. Bien qu’il ne connaisse pas le projet en détail, le docteur Stéphane de Buren, patron de la société genevoise Novacorpus, n’y croit pas trop: «Quand des patrons rencontrent d’autres patrons, c’est pour parler business.»

Doutes sur le modèle

Stephan Zwettler, fondateur de SZ Informatique à Carouge (GE), s’est inscrit la semaine dernière sur Rezonance pour nourrir ses relations, qu’il entretient déjà depuis longtemps via LinkedIn notamment. Dans l’absolu, il n’est pas opposé à l’idée de Baobab. «C’est un peu ce que fait le Cercle des dirigeants d’entreprises (CDE) à Genève, un mélange de rencontres d’affaires et de sorties privées. Mais personnellement, cela ne m’intéresse pas.»

Stéphane Koch, quant à lui, s’interroge finalement sur le modèle économique de Baobab, puisque le projet en est à sa genèse. «Si vous prenez Rezonance, proportionnellement peu d’adhérents sont prêts à payer, malgré les services de la plate-forme. Et l’énergie en termes de promotion que vous devez mettre pour attirer des membres sur un nouveau réseau, c’est énorme. Donc le coût également.»

Dans cette phase de lancement, Baobab peut être facilement confondu avec d’autres approches classiques de «réseautage», mais les porteurs du projet veulent utiliser Internet comme un outil pour concrétiser leur démarche, pas comme un but en soi.

Pour l’agence Performances, le retour sur investissement pourrait-il se faire par les membres, ces clients potentiels à plus long terme? Cette idée a presque le don d’énerver Alexandre Emch, d’apparence très zen dans son bureau sur les hauteurs lausannoises: «L’idée ne m’a jamais effleuré l’esprit. C’est vrai que d’un point de vue rationnel, on pourrait l’imaginer. Mais vraiment, Baobab est une philosophie, celle de replacer l’essentiel au cœur de la vie d’un entrepreneur.» Pour lui, c’est peut-être cette petite fille qui arrive bientôt et pour laquelle il réduira son temps de travail.

* Renseignements au 0800 777 077 ou sur www.baobab.ch

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